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Dossiers thématiques
Publié le : 27/11/2018

Les coups de coeur du p'tit déj d'octobre 2018

Sur l'oreiller du sable de Mona Azzam

Auteur : Mona Azzam
Editeur : l'Harmattan Paris
Publié : 2017
Cote : R AZZ

C’est un roman qui traite de la solitude après séparation, et du besoin de se reconstruire pour les trois personnes : Iona, David, Liliane. Le style est très poétique, et cette poésie est dans le style mais aussi écrit en poèmes. La présentation est originale et mérite qu’on s’arrête sur cette nouvelle approche. Un régal à lire quand on aime la poésie. L’auteure est Libanaise et vit à Carnon.

Rose-Anne DUBOISSET

 

 

 

Une fille comme elle de Marc Levy

Auteur : Marc Levy
Editeur : Laffont (Robert) Paris
Publié : 2018
Cote : R LEV

Ce livre est une « délicieuse comédie new yorkaise ». Le thème de chaque chapitre nous est annoncé par un croquis. A aucun moment on ne s’ennuie, le style est vivant, soutenu par un dialogue. Les personnages principaux sont atypiques car tous vivent ou ont vécu une reconversion professionnelle provoquée par les évènements de la vie. L’humour, la philosophie, l’amitié, le respect, la solidarité, la pudeur, l’amour sont traités avec authenticité. Les personnages nous sont sympathiques et courageux dans leurs épreuves. Pour chacun des qualités comme les défauts nous sont livrés et nous offrent une représentation d’une communité dans une situation très particulière : un immeuble possédant un ascenseur mécanique antique avec des habitants plutôt aisés mais à réactions très différentes quand on touche à leur porte-monnaie. C’est un livre qui m’a plu par la richesse morale des gens et des situations.

Rose-Anne DUBOISSET

Les nuits d'Ava de Thierry Froger

Auteur : Thierry Froger
Editeur : Actes sud Arles
Publié : 2018
Cote : R FRO

Un roman à la construction très intéressante : trois fils narratifs à trois époques qui s’enchainent parfois presque naturellement et se répondent, grâce à deux fins parallèles. Il est question d’image, à travers le cinéma, la photo et la peinture, mais aussi de révolution, de nu, de fantasmes et d’une quête improbable, sur fond d’âge d’or du cinéma. Un casting impressionnant autour d’Ava Gardner.

28 juin 1995, Jacques Pierre, 47 ans, tombe sur un article du journal Libération au titre accrocheur et provocateur La comtesse au cul nu. L’homme a toujours éprouvé une fascination pour la sublime et tumultueuse actrice américaine. Adolescent, il remplissait des cahiers entiers de ses photos découpées dans les magazines… L’affaire, réalité ou légende, est saisissante. Aout 1958, sur le tournage de La Maja nue à Rome, Ava Gardner traine son ennui le jour et passe ses nuits dehors. L’intrigue du film la passionnante guère, elle qui s’impatiente de recouvrer sa liberté… enfin… puisque ce film est le dernier qu’elle doit à la Metro-Goldwyn-Meyer. Heureusement, le chef opérateur – responsable des prises de vues – n’est autre que le grand Giuseppe Rotunno, qu’elle adore. Une nuit, Ava et Rotunno, tous deux enivrés, déambulent dans les rues de Rome joyeusement, coursés par ceux que l’on ne nomme pas encore ainsi, les paparazzis, avant de se retrouver dans l’appartement de l’actrice. Et là, entre deux éclats de rire, Ava pose pour Rotunno, dans le plus simple appareil. Un séance photo impromptue, où la belle s’inspire des grandes peintures de la Renaissance, des nus évidemment, dont L’Origine du monde de Courbet.

Jacques Pierre, historien, ancien photographe et en retraite prématurée est subjugué par ses lignes retraçant cette folle nuit. Il décide de partir à la recherche de ces sulfureux clichés. Ce roman, à l’image du regard d’Ava Gardner est captivant et magnétique. L’auteur transporte le lecteur à travers les époques et les continents – on découvre les coulisses de la MGM et les frasques de la plus belle actrice du monde, on entre dans l’atelier de la vie de Jacques Pierre des années 60 aux années 90. Au fil des pages s’invitent entre autres Sinatra, Marylin Monroe, Howard Hughes, - ah la rencontre au sommet entre le narrateur et Fidel Castro ! -. Cela s’agite, cela remue autour du lecteur, qui ne sait pas toujours où il se trouve ; au milieu d’un rêve, d’un fantasme, d’une obsession, de la réalité. L’écriture est drôle, brillante et enlevée. L’image photographique et picturale, les idoles, la célébrité, les faux-semblants, le quotidien d’un type ordinaire, une société en mouvements, des colères, des revendications, des souvenirs, des regrets… autant de propos et de réflexions. Beau et étourdissant.

Françoise BLANDIN

A son image de Jérôme Ferrari

Auteur : Jérôme Ferrari
Editeur : Actes sud Arles
Publié : 2018
Cote : R FER

A son image renvoie celle d’un monde désespérément noir et plombé, porté par la beauté d’une plume majestueuse, adepte de longues phrases comme des salves de mots incessants. L’on y entre sur les pas d’Antonia la photographe corse qui sort d’un reportage de mariage pour n’en plus revenir, un banal et stupide accident de voiture et de falaise au bout d’une nuit blanche. C’est son oncle et parrain qui officiera la messe de son enterrement, point d’ancrage final du récit dans une narration qui semble débridée mais ne perd pas le lecteur, à base de retours en flash-back (et d’avancées en contre flash-back). Un parrain devenu prêtre sur le tard, très proche d’Antonia au cours de sa vie, qui a initié sa passion pour la photographie en lui offrant son premier appareil pour ses 14 ans. Jeune adulte, elle sera photographe insatisfaite d’être cantonnée à un rôle d’observatrice du quotidien corse manquant d’envergure en dehors de leur village natal. Elle rêvera d’aller voir ailleurs, de liberté, de Yougoslavie.

Les éléments se mettent en place naturellement dans un puzzle où se mêle tout à la fois la photographie de guerre et de quotidien, guerre de scission entre nationalistes corses du FLNC, mais aussi guerre en Yougoslavie, ou religion. A son image semble questionner la photographie dans son rapport à la vie et à la mort. « Sur les photographies, les vivants mêmes sont transformés en cadavres parce qu’à chaque fois que se déclenche l’obturateur, la mort est déjà passée ». Les biographies de deux photographes méconnus du début du siècle dernier (Gaston Chéreau et Rista Marjanovic) – « ou plutôt leur contreparties fictives » surgissent dans la narration et élargissent le propos à l’image de guerre : « car en 1969, on ne peut plus ignorer que ce jour-là, sous la tente d’un hôpital de campagne, au bord du cimetière bleu de la Méditerranée, il n’a pas seulement pris la photo d’un soldat famélique à l’agonie (en 1915) mais qu’il a capté une fois pour toutes, en une seule image saisissante, le visage du siècle ». Une vision générale sur le monde et ses guerres (et en filigrane l’impact de l’image de guerre), qui m’a semblé pessimiste, limite aquoiboniste. On pourrait y objecter que selon certains (dont Harrari), il y a tout de même de moins en moins de guerres dans le monde.

Françoise BLANDIN

Avec toutes mes sympathies de Olivia de Lamberterie

Auteur : Olivia de Lamberterie
Editeur : Stock (Editions) Paris
Publié : 2018
Cote : R LAM 

Avec toutes nos sympathies est le premier livre d'Olivia de Lamberterie. Nous la connaissons comme journaliste, critique littéraire, elle intervient au Masque et la Plume, et elle est chroniqueuse au journal Elle et à Télématin. Elle se présente comme dévoreuse de livres, et n'aurait sans doute jamais écrit un livre si elle n'avait pas dû affronter la mort de son frère, un grand dépressif, qui s'est suicidé à Montréal où il était graphiste, de grand talent et aimé de sa femme et de ses enfants. Peu après sa mort, en 2015 , qui l'a plongé à la fois dans un chagrin et une colère immenses, Olivia a éprouvé le besoin d'écrire et de raconter ce frère qu'elle a tant aimé, cet être fantasque, charmeur et flamboyant, atteint de dysthymie, rongé par la mélancolie et l'envie de mourir. Il était son complice, son double « à l'envers », elle qui aime tant la vie, ils partagent tout jusqu'à ses angoisses.

Disons tout d'abord qu'en dépit du sujet, ce livre n'est en aucun cas, plombant. Il est passionnant, poignant, mais aussi alerte, plein de rebondissements. En tout cas ce n'est en aucun cas un livre sur le deuil, c'est un livre gai, lumineux, qui nous replonge dans l'enfance d'Olivia et de ses frères et sœurs, grandissant dans une famille aristocratique du XVIème arrondissement de Paris, à la fois traditionnelle et anticonformiste. L'auteur nous parle, non seulement de la perte (annoncée) de ce frère, mais aussi des années 60/70, de littérature, de musique, de fous rire d'enfance et de bonheur avec une écriture fluide, élégante, de toute beauté. On est ému, voire bouleversés, certes, mais - paradoxe ! - on voit cet homme non pas mourir, mais renaître sans cesse au fil des pages, Olivia réussit la prouesse de le rendre de plus en plus présent. Elle réussit ce pari fou de le garder vivant.

Ce livre répond à la nécessité de faire face, de témoigner, de trouver les mots il est d'une sincérité, d'une pudeur et d'une intimité absolues. L'auteur réussit à rendre hommage à ce frère sans pathos, en retenant surtout les moments heureux, sans verser une seconde dans le larmoyant. Ce n'est en rien une thérapie et c'est une ode à la littérature, à la vie, à l'amour.

Dominique SARDA

Dix-sept ans d'Eric Fottorino

Auteur : Eric Fottorino
Editeur : Gallimard (Editions) Paris
Publié : 2018
Cote : R FOT

Eric Fottorino a la double casquette de journaliste (Libération Le Monde) et d'écrivain. Il a déjà publié une dizaine de romans, salués par des prix FEMINA, Elle etc... L'essentiel de son œuvre place la quête des racines et de l'identité au cœur de personnages fragiles cherchant à se construire un destin. L'enfance est pour lui une source d'inspiration renouvelée marquée par les grandes questions de la vie, les mensonges et les insuffisances des adultes. Dix sept ans, c'est son histoire. Adopté par un pied noir de Tunisie, Fottorino est le fils naturel d'un juif marocain natif de Fès. Mais cette mère, qui l'a eu à 17 ans, d'où le titre du livre, et qui fait l'objet du roman a t-elle existé telle qu'il nous la présente, est elle fantasmée ? Difficile à décrypter. Je n'ai rien retrouvé dans sa biographie. En tout cas, l'enfance et les blessures sont très présentes.

Le livre, donc : Un dimanche après un déjeuner en famille, une femme livre à ses trois fils le secret qui l'étouffe. C'est le choc pour l'auteur. A partir de cette révélation, il va partir sur les traces de cette mère qui l'a mis au monde à l'âge de 17 ans dans les années 60, où l'on attendait un enfant seule dans la honte... le rejet... et le déshonneur... Il va retourner sur les lieux de son enfance et dresser d'elle un portrait solaire et douloureux à travers une écriture poétique, qui coule et qui captive.

C'est un livre magnifique, bouleversant, qui nous fait revivre une époque pas si lointaine où la venue d'un enfant pouvait être vécue dans l'humiliation.Il décrit merveilleusement une relation mère/fils, qui oscille entre la haine et l'amour, l'incompréhension et la complicité. Une belle quête d'identité, captivante, qui se lit avec bonheur !

Dominique SARDA

Les amants du presbytère de Marie-Bernadette Dupuy

Auteur : Marie-Bernadette Dupuy
Editeur : France Loisirs (Editions de) Paris
Publié : 2015
Cote : R DUP

Il s'agit d'une sombre histoire qui a effectivement eu lieu en 1849, et a fait l'objet d'un énorme scandale dans un petit village des Charentes près d'Angoulême. L'auteur s'inspire de faits réels et reste très proche de ce fait divers qui éclabousse encore aujourd'hui Saint-Germain-de-Montbron. Nous sommes donc à une quarantaire de kilomètres d'Angoulême dans ce village qui accueille son nouveau curé, Roland Charvaz, jeune, fringant et ambitieux. Mathilde de Salignac, la femme du médecin, est une Emma Bovary. Elle est jeune, riche, belle et elle s'ennuie. Il faut savoir qu'elle a déjà flirté avec le précédent curé qui a d'ailleurs été déplacé pour cette raison. En quête d'aventure, elle ne va pas résister longtemps au nouveau venu. Elle va même le provoquer, lui qui est loin d'avoir choisi la prêtrise par vocation, et qui ne demande que ça ! Hélas ! Mathilde va avoir la très mauvaise idée d'engager pour le presbytère une servante qui va perturber ces amours.

En dépit d'une écriture qui ne ménage pas beaucoup le suspense - mais là n'est pas le propos - on lit ce récit avec plaisir. Son intérêt réside dans l'étude psychologique des personnages, leur évolution. Ce qui est prenant aussi – et surtout - c'est la description de la vie d'un village de la France profonde à la fin du règne de Louis-Philippe, tout juste après la révolution de 1848, au moment où la France connaît une grave crise économique. L'auteur nous fait pénétrer dans l'univers clos des notables et des « petites gens » de cette époque. Et c'est tout à fait intéressant ! Et même si on devine rapidement le déroulé de l'histoire, l'auteur réussit à nous tenir en haleine jusqu'au bout, d'autant qu'il y a procès. L'histoire est prenante, et on a envie d'aller fouiller dans les archives judiciaires de la Charente pour découvrir les détails de l'affaire. Le style est alerte et un certain suspense, malgré tout garanti...

Dominique SARDA

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