Une femme de ménage au pays du "Hedge Funds" ou la lutte des classes revue et corrigée par klapisch... au delà des clichés un film romanesque et revigorant.
On pourrait reprocher à "ma part du gateau" un certain manichéisme dans le constat social. Avec d'un côté le vilain trader cupide et égocentrique incarné par Gilles Lellouche, et de l'autre Karin Viard dans le rôle d'une mère, ouvrière dunkerquoise fraîchement licenciée, courageuse et volontaire, décidée coûte que coûte à s'en sortir. Cédric Klapisch réussit au-delà des stéréotypes une comédie sociale aboutie, dans laquelle il dénonce très justement l'indécence et le cynisme d'un monde régit par la seule puissance de l'argent. Grâce à ses talents de metteur en scène et à l'interprétation brillante du tandem Viard Lellouche (elle à la fois émouvante et drôle et lui cynique et artificiel) Klapisch parvient à façonner une fable anticapitaliste où l'improbable liaison entre ces deux personnages devient alors réalité...
JPC
Ecrit par le scénariste de Ken Loach, ce film espagnol établit un parallèle habile entre la lutte d'un dominicain contre l'oppression des indiens par les colons assoiffés d'or et celle de leurs descendants contre une grosse multinationale ...
"Même la pluie" est donc le fruit de cette collaboration entre la réalisatrice Iciar Bollain et le scénariste britannique Paul
Laverty collaborateur attitré de Ken Loach.
Iciar Bollain a d'ailleurs joué dans "Land and Freedom" et écrit une biographie sur Ken Loach ; on lui doit aussi le film très remarqué "Ne dis rien" avec Luis Tosar dans une interprétation également brillante...
"Même la pluie" est un film à la fois sur le cinéma et un drame historique qui pose la question de l'exploitation de l'homme à travers les époques : du temps des conquistadors d'abord, sur fond de querelle entre Christophe Colomb et le prêtre dominicain Bartolomé, concernant le sort peu enviable des indiens. Et de nos jours ensuite, avec le soulèvement du peuple bolivien contre une multinationale américaine désireuse de privatiser le secteur de l'eau et d'en contrôler l'accès.
A noter que le scénario s'inspire de faits ayant réellement eu lieu en Bolivie à Cochabamba en 2000 !
Le lien entre ces deux époques lointaines et pourtant étrangement similaires se fait par le biais du tournage d'un long-métrage, dans lequel le premier rôle indigène (joué magnifiquement par Carlos Aduviri) prend les armes contre les conquistadors. Parallèlement, dans sa vie, il est un des leaders du mouvement de protestation dans la "guerre de l'eau". Il met alors en danger la production et l'aboutissement même du film...
Les oppressions d'hier et celles d'aujourd'hui sont ainsi subtilement mises en rapport et l'intégrité des personnages aux consciences tiraillées est mise à l'épreuve.
Les paysages grandioses, l'interprètation à fleur de peau des acteurs (avec notamment Gael Garcia Bernal dans le rôle du metteur en scène passionné ), le rythme alternant le "style documentaire" avec les séquences du film historique, ainsi que la photographie toute particulière, donnent à l'ensemble un puissant souffle épique et font de cette chronique sociale un palpitant film d'aventure.
Jean-Paul
Copacabana est un film de Marc Fitoussi mettant en scène Isabelle Huppert tour à tour drôle, piquante et émouvante, au côté de sa fille dans la vie comme à l'écran : la charmante et talentueuse Lolita Chammah. On retrouve aussi avec plaisir Aure Atika qui joue avec aisance un cadre commercial sans pitié, ainsi que Luis Régo et Jurgen Delnaet dans des seconds rôles eux aussi très aboutis. Cette comédie de moeurs doublée d'une peinture sociale très juste offre à Isabelle Huppert l'expression de tout son tempérament dans le rôle de cette mère, allumée et marginale, mais avant tout sincère ; avec très justement un Coeur de mère, un coeur qui ne se laissera pas flétrir par les mesquineries et les conventions sociales que ce soit à Paris, à Ostende ou bien ailleurs...