Vignette d'illustration du dossier:
- Biographie
Emmanuelle Houdart vit et travaille à Paris. De nationnalité suisse, elle a suivi les cours de l'école des Beaux-Arts de Sion puis étudié à l'École supérieure d'art visuel de Genève. Elle obtient un diplôme de peinture ainsi qu'un diplôme d'activités créatrices. Depuis 1996, Emmanuelle Houdart, auteur et illustratrice, a publié une vingtaine de livres, principalement des albums pour enfants. Elle a obtenu le prix Fictions de la Foire internationale du livre de jeunesse de Bologne pour "Monstres malades" en 2004.
Photo P. Houdart
En dessinant un visible fantasmagorique pour mieux suggérer ce qui est caché, Emmanuelle Houdart crée une oeuvre originale d'une grande liberté. Entrer dans son univers, c'est aller à la rencontre de nos émotions et de notre univers intime. Le regard est attiré par les images colorées foisonnantes de personnages, d'animaux et d'objets, accumulations, enchevêtrements dans lesquels le lecteur prend plaisir à se perdre pour mieux en saisir le sens et retrouver un peu de son histoire personnelle.
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- La rencontre avec les enfants des écoles et les expositions
Partager ses lectures, accueillir un auteur est un projet culturel qui met en réseau et réunit les médiathèques et les écoles de la commune, et auquel participent les écoles de la Communauté de communes du Pays de l'Or, Lansargues et Candillargues
Impressions de lectures ou l'univers d'Emmanuelle Houdart vu par les enfants du 11 mai au 8 juin Médiathèque de Mauguio et bibliothèque de Carnon.



© Emmanuelle Houdart
- Ses histoiresRépertoires, collections, devinettes, pour jouer et conjurer ses peurs. Les textes d'Emmanuelle Houdart ne sont pas des récits linéaires. Ils sont découpés en épisodes courts sous forme d'inventaire à la manière d'un manuel médical comme dans
Monstres malades, d'un abécédaire dans
L'abécédaire de la colère ou d'imagiers jeux pour les plus petits :
Tout va bien Merlin ;
L'imagier farfelu de Lulu le lutin ;
Que fais-tu Fantine ? ;
Les voyages merveilleux de Lilou la fée.
En rompant avec le récit classique, le découpage en séquences impose son rythme et sert à introduire le jeu. La continuité du récit est alors structurée par la temporalité, l'évolution des sentiments, les épreuves qui participent à la tension dramatique et donnent la dimension symbolique d'une quête d'identité.
Personnages réels, féériques ou monstrueux sont mis en scène pour raconter la puissance des émotions et la violence des sentiments. Il est question du corps, des fonctions vitales, de la vie en société et de la nature. Comme dans l'univers enfantin la frontière entre l'imaginaire et la réalité est vite franchie. On est bien au cœur de l'enfance avec les difficultés et les joies de l'apprentissage, les grandes questions existentielles. Emmanuelle Houdart en explorant le bien et le mal, la dualité des choses, transmet sans mièvrerie et avec humour des valeurs humanistes.
© Emmanuelle Houdart
- Ses illustrations
Au premier regard, les couleurs donnent le ton des émotions, des sensations et annoncent une atmosphère.
Les feutres de couleurs qu'elle utilise, donnent transparence et luminosité aux dessins en aplats sur le fond blanc de la page. Découpages et plans rapprochés installent une proximité entre les personnages et le lecteur. L'organisation de l'espace en apparence désordonnée rappelle l'ère de jeu d'un enfant qui met en scène ses figurines. Cette mise en abîme du théâtre de la vie va de paire avec les masques suggérés ou réels, instruments de jeu et symboles de l'ambivalence des sentiments.
Les personnages modernes côtoient des figures féériques ou monstrueuses, des animaux fabuleux et de nombreux objets personnifiés. Ils semblent avoir été figés dans un équilibre précaire et c'est l'assemblage de tous les éléments qu'ils soient décoratifs ou partie prenante de la scène qui donne le mouvement.
Textes et illustrations sont intimement liés se faisant écho ou se complétant. C'est ainsi que le lecteur retrouve dans les images le plaisir des jeux de devinettes, d'inventaires, de collections. La richesse des images et les éléments récurrents d'une page à l'autre, d'un album à l'autre offrent des lectures multiples. Dans cet univers onirique riche de symboles, tout fait sens : des êtres hybrides grotesques, jusqu'aux vêtements décorés de végétaux, d'animaux ou de vaisseaux sanguins. Le corps est d'ailleurs omniprésent par la représentation des organes vitaux, des humeurs, de la nourriture, mais aussi par les sensations évoquées. Elle explore l'animalité et le monstrueux aussi bien que la vitalité, l'amour, la solidarité qui sont autant de ressorts pour grandir, se socialiser et trouver sa propre identité. A la manière des surréalistes, Emmanuelle Houdart joue avec les associations d'idées. Elle fait appel à l'imaginaire collectif par ses allusions aux contes, aux expressions populaires, à la mythologie, aux illustrateurs contemporains.
Emmanuelle Houdart invente un monde que le lecteur réinterprète et s'approprie dans un espace intérieur qui en lui ouvrant des perspectives poétiques, le conduit vers sa propre rêverie.
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Pour aller plus loin : interviews, livres...
+ "J'éponge mes peurs" l'alphabet d'Emmanuelle Houdart sur le site de Citrouille, blog des Librairies sorcières + Autre interview, sur le site de Ricochet + Un livre autobiographique : Emmanuelle Houdart.- Edition l'Art à la page, 2009 |
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