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Les mangas à Carnon

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LE MANGA

Au Japon, on trouve dès l'époque Nara, VIIIème siècle, les prémisses du manga avec les enkimono, sortes de rouleaux qui associent des peintures et des textes calligraphiés à partir de texte chinois puis japonais à partir du XIIème siècle. C'est en déroulant le rouleau que l'on découvrait l'histoire.

A la fin du XIXème siècle, au contact du monde occidental le Japon se modernise, c'est l'abandon des tenues traditionnelles au profit du costume occidental et la création des premiers journaux puis des magazines où l'ont trouvent des caricatures mettant en scène des personnages célèbres de l'époque. Le terme manga, inventé par le caricaturiste Katsushika Hokusai (1760-1849) signifie littéralement "image" GA  et "dérisoire" MAN. Les mangas de Hokusai étaient des estampes montrant des personnages populaires de l'époque sous des dehors comiques.

Ce type de représentation, son style et son audace, a fini par donner naissance à une forme d'expression graphique à part entière, au même titre que le Comics book aux Etats-Unis ou la BD franco-belge en Europe.

Le dessinateur de manga est appelé mangaka. A la fin de la deuxième guerre mondiale, Tezuka le plus célèbre d'entre eux, au contact des comics américains, a donné toute sa modernité à ce genre graphique en y introduisant l'idée de mouvement avec l'utilisation de traits, d'onomatopées et l'utilisation de cadrage comme au cinéma rompant ainsi avec une représentation théâtrale de l'espace dessiné.

Contrairement aux Etats-Unis et à l'Europe, la BD japonaise n'est pas un marché de niche mais un véritable phénomène de masse. Près d'un japonais sur deux lit un manga au moins une fois par semaine. Ils sont pré publiés dans l'un des 250 mangashi, magazines hebdomadaires de 500 pages où l'on retrouve en général une quinzaine de séries.

Chaque mangaka est donc soumis à un rythme de parution très important. Il est aidé par des collaborateurs au sein d'un studio. Le manga est en général en noir et blanc. Si une série marche, elle est éditée sous forme d'album souple, le tankobon, forme que l'on retrouve le plus souvent avec un sens de lecture de droite à gauche, semblable aux albums édités en France.

Il existe différents types de manga selon l'âge, le sexe, la profession, les centres d'intérêt du lecteur. Les shonen par exemple s'adressent aux adolescents, les shojo aux adolescentes. Le manga est le reflet ou le modèle de la vie japonaise, tous les sujets y sont traités : la vie à l'école, au lycée, celle du salarié, le sport, l'amour, la guerre, l'économie et la finance, l'histoire du Japon et de l'Europe, la littérature classique ou d'autres sujets comme la cuisine et le code de la route.

C'est à partir des années 90 que le manga se fait sa place dans les librairies françaises avec une série Akira de Katsuhiro Otomo éditée par Glénat. Maintenant ce sont quelques 250 manga qui sont édités en France tous les mois. La France est le second pays en terme de vente de manga après le Japon et devant les Etats-Unis. En 2003, pour la première fois, un manga, Quartier lointain de Taniguchi a été récompensé au festival d'Angoulême.

Le manga a aussi inspiré certains artistes comme le cartooniste Franck Miller dans ses comics Elektra ou Sin City ou encore au cinéma avec Quentin Tarantino et ses films Kill Bill inspirés du manga Lady Snow Blood de Koike et Kamimura.

 Vous pouvez retrouver les manga cités à la bibliothèque de l'Ancre et télécharger en pdf la bibliographie des manga de Carnon.

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