Vignette d'illustration du dossier:
Mon amant, en avril...
Mon amant, en avril, m'a prise à son cellier
Et sur un lit de lis de vin il m'a gorgée.
Je dormis jusqu'à l'aube, assouvie et comblée,
Quand un paon roucoulant m'a soudain réveillée.
Dressé sur la pelouse, il me chantait en vers :
"Avril t'a faite reine et moi je suis le roi,
Couverts de broderies nous sommes, toi et moi,
Avril t'a revêtue de carmin, pourpre et vert."
Samuel Ha-Nagid Ibn Nagrila
(Extrait de l'anthologie Poèmes d'amour de l'Andalousie à la mer rouge)
Du roi Salomon au Siècle des lumières, de l'Andalousie à la Mer rouge, la poésie amoureuse hébraïque a puisé son inspiration dans les lettres arabes, le sonnet italien, et la poésie courtoise. Empruntant aux sources bibliques, qu'il s'agisse de passions humaines ou d'adoration divine, cette poésie chante avec une ferveur égale les amours sacrées et les amours profanes.
Samuel Ha-Nagid Ibn Nagrila (99.-1056)
"Né à Merida, il fut élevé à Cordoue qu'il quitta en 1013, lors de l'invasion de la ville par les Berbères. Samuel Ha-Nagid accéda aux honneurs sous le règne du roi Habbus et de son fils Badis, devenant vizir du sultan et chef de l'armée de Grenade. Mais il fut aussi "le prince" des juifs, le Nagid, chef suprême de la communauté. Ce double aspect d'homme d'état et de cour se retrouve dans toute son oeuvre : il est à la fois un talmudiste de renom et un poète, le premier des grands poètes hébreux d'Espagne dont les compositions soient essentiellement profanes." (Masha Itzaki et Michel Garel)
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