
...Pour les fêtes de fin d'année , venez découvrir nos coups de coeur!!
Le choeur des femmes. Martin Winckler.
Roman sur le quotidien d'un médecin généraliste qui a choisi de s'occuper exclusievement de gynécologie. Sujet trés féminin bien sûr, mais ce roman est plus largement une réflexion sur l'humain, sur la vie et l'amour. C'est aussi le récit de la transmission d'un savoir et d'une éthiqe. Avant d'agir, ce médecin écoute ses patients et se dessinent alors de beaux portraits de femmes. Une intrigue sous-jacente qui parait un peu plaquée...Mais un roman à conseiller aux amateurs de Winckler et aux fans de série TV. C'est un peu "Urgences"en livre: rapidité des situations, langage familier, écriture simple, mais des tranches de vie qui touchent car chacun peut s'y retrouver. P.M.
Personne. Gwenaëlle Aubry.
Ce roman( plutôt un récit?) est le portrait en 26 entrées , abécédaire du père de la narrative. Comme dés le début il est question d'Antonin Artaud, on sait qu'il sera question de folie. Le texte est composé de deux récits enchassés: des fragments de celui que père a laissé à sa mort à ses filles, et celui de la narratrice. C'est un portrait poignant, écrit magnifiqement, d'un homme cultivé et instruit( universitaire, prof de droit à l'ENA..). En proie à une insondable mélancolie. Longtemps cet homme a vécu"normalement"avant de s'effondrer. Le livre tente de percer le mystère de cette personnalité "double". C'est un livre magnifique, superbement écrit, une déclaration d'amour d'une fille à son père. Prix fémina 2009. P.M.
Toxique. Françoise Sagan.
Un inédit de Sagan illustré par B. Buffet. Il s'agit d'un jurnal qu'elle a écrit aprés un accident de voture en 1957. Physiquement détruite , on va lui administrer à fortes doses un succédané de morphine( du palfium) dont elle va devenir accro. à tel point qu'une cure de désintoxication s'avèrera nécessaire...F. Sagan, mondialement célèbre dés 11 ans, grâce à "Bonjour tristesse" est connue pour ses excés( jeux, drogue, vitesse). Ce livre apporte un éclairage nouveau sur l'une de ses addictions, c'est en effet en cela qu'elle expliquait son goût par les drogues. Mais ce texte est d'abord la magnifique confession d'un personnagehors du commun sur ses peurs ( l'ennui, la solitude, la mort. ), ses goûts littéraires et ses espoirs...Une curiosité. P.M.
Si tu manges un citron...Recueil de nouvelles par Sergi Pamiès, écrivain catalan.
Chacun de ses courts récits révèle une ou plusieurs facettes de ses contemporains. Les héros sont des gens ordinaires, sans qualtiés, qui se débattent dans un monde hostile entre leurs peurs et leurs désirs mesquins( tel ce type qui conçoit méfiance et aversion pour son voisin à l'instant même où il le voit ( monospace) ou cet autre qui une fois mort est surpris de voir à quel point sa disparition a rendu le sourire à son entourage). Nouvelles parfois surréalistes mais qui en disent long sur la nature humaine. Pour les amateurs d'humour noir. P.M.
Si tu retiens les fautes. Andréa Bajani.
L'avion de Lorenzo se pose à Bucarest. il est venu assister aux obsèques de sa mère Lula.Celle-ci l'a abandonné il y a des années pour créer son entreprise en Roumanie, avec son amant et associé, Anselmi. Dés l'atterrissage, Lorenzo découvre un monde inconnu pour lui, celui de la vie de sa mère, un univers âpre et "étrange". C'est l'occasion pour ce fils délaissé de se remémorer cette maman, attachante mais instable et distante. Dés le début , il y a des pages poignantes sur Lorenzo enfant qui suit comme son ombre Lula en train d'essayer de vendre une machine révolutionnaire pour faire maigrir. Ce fils abandonné, devenu pour toujours un adulte douloureux et mutique, va entamer un dialogue avec cette mère inconnue, morte seule et abandonnée. A. Bajani écrit mieux que personne l'absence, le désamour, l'impossible deuil ou le pardon; C'est aussi un texte ambitieux qui décrit la déchéance et les désirs d'une certaine Europe. Ecriture sensible et poignante: "C'était de plus en plus difficile de trouver de la place our exposer les souvenirs que tu m'avais achetés. Il y en avait de tous les pays, des quatre coins du globe, voyage aprés voyage, ma chambre devenait la mappemonde de ton absence quotidienne."
Les chaussures italiennes. Henning. Mankell.
La maîtrise du polar suédois, créateur de l'inspecteur Kurt Wallander, signe ici un roman "classique" et s'affirme une nouvelle fois comme un grand écrivain. A 66 ans, Fredrik Welin est reclus depuis une dizaine d'années sur une île de la Baltique. A part le facteur, il ne voit personne et a pour seuls compagnons son chat et son chien. Dans une vie antérieure il était pourtant chirurgien. Pourtant un jour d'hiver comme un autre, une personne fait irruption dans sa vie, et soudain le passé refait surface...Mankell sait installer une atmosphère et la glaciation du paysage fait écho à l'état affectif et psychique du "héros". Ce livre, sobre et intimiste, nous parle de culpabilité et de édemption, de solitude et d'amour. Les paysages nordiques servent souvent d'écrin au déroulement d'un drame familial qui renvoit le lecteur à ses propres choix. Un livre fort! P. M.
Le prophète. Khalil Gibran.
Poète libanais né à la fin du XIXème. "Le prophète" est son chef d'oeuvre. ce grand voyageur qui s'établira aux Etats-Unis nous donne avec 3le prophète" un livre de sagesse et d'amour qui défie le temps. Le tunisien Lassaâd Messaoui a illustré magnifiquement cette édition . la beauté de ses calligraphies fait echo à la beauté d'un texte qui donne du sens à nos vies. P. M.
Le supplice de l'eau. Paul. Everett.
Voici un livre pour les amateurs de littérature qui dérange, ce n'est pas à proprement parler un livre facile à lire. D'abord le titre "Le supplice de l'eau": technique de torture utilisée sous l'aministration Bush pour faire parler les irakiens. Dans son roman, l'auteur imagine qu'un écrivain s'en saisit pour assouvir une vengeance personnelle contre l'auteur présumé de l'assassinat de sa fille de 11 ans. Il n 'a bien entendu aucune preuve. Le récit peut déstabiliser le lecteur non averti. En effet, il mélange des considérations délirantes du narrateur sur la vérité ou le langage, des extraits de romans de gare qu'il écrit ou encore des dessins énigmatiques. Ce récit est une métaphore de la politique américaine en Irak; Le délire, voire la psychose de narrateur est emblématique du délire collectif qui s'est emparé des USA, soit-disant victime d'une agression de leur part. Quelqu'un devait payer, il s'est agi des irakiens. La structure "éclatée" du roman est aussi le reflet dont le monde et ses évènements sont perçus par nous: une suite de stimulis plutôt qu'une suite logique et rationnelle; Un essai littéraire intéressant par un chef de file de la nouvelle littérature américaine. P. M.
Les voix du pamano. Jaume Cabré.
Ce roman est exceptionnel sur tous les plans, écriture, composition et récit. C'est une saga historique et politique se déroulant principalement dans un petit village catalan: Torena, de 1936, début de la guerre civile, à nos jours. La magie du roman, outre son intrigue bien cousue, tient beaucoup à son principe narratif, mêlant dans une même phrase plusieurs époques pour faire découvrir lentement un passé tragique évoqué par ses différents acteurs. "Les voix de Pamano" sont celles de: Elisendra Vilabru: belle et intelligente , qui tout en développant brillamment ses affaires de création de stations de ski et articles de sport, s'acharne à venger les assassinats des êtres qu'elle a aimés avec passion: son père et son frère tués en 1936 par des anarchistes locaux, l'amour de sa vie, Oriol Fontells, abattu en 1944 par le chef des phalangistes de Torena, son maire Valentin Targa. Tina Brus: l'institutrice contemporaine qui découvre en début du récit, derrière le tableau noir de l'école, une boite de cigares contenant les lettres d'Oriol , l'instituteur de 1944. Il y décrit, à sa fille qu'il n'a pas connue, sa femme l'ayant quitté enceinte écoeurée par sa lâcheté apparente face aux phalangistes, ses activités entre les phalangistes et les maquisards. Tina se lance alors dans la reconstitution de la vie du village de 1936 à nos jours. Autres personnages clé: Marcel, le fils adoptif d'Elisendra qui se révèle être le fils et non la fille d'Oriol, destinataire des lettres. Il les récupère mystèrieusement en début du récit en les dérobant à Tina, pour les remettre en fin du roman à Elisendra en échange de la reprise de ses affaires. Cette intrigue peut paraître compliquée voire mélodramatique mais ne lasse jamais tout au long des 743 pages. Le lecteur est sous un charme artistique, fasciné par un enchaînement implacable d'évènements, découverts par sauts successifs dans le temps avec des retours en arrière et illustrant avec brio une époque sombre de l'histoire espagnole. C'est magique! J. Gonzalès
Des bleus à l'âme. Françoise Sagan
Réédition (première en 1972) d'un livre un peu oublié de l'auteur de "Bonjour tristesse". Ce roman autobiographique de F.Sagan révèle un aspect de sa personnalité un peu méconnu : l'épicurienne détachée et flambeuse s'y révèle sombre et ironique. A redécouvrir. P.M.
Dracula l'immortel. Dacre Stoker
La suite du chef d'oeuvre de Bram Stoker écrit par son arrière petit neveu à partir des mots retrouvés de son aïeul... Les vampires sont à la mode ( Twilight etc...) et le plus célèbre d'entre tous est de retour. Ca va saigner ! P.M.
La peur du déclassement. Eric Maurin
Selon l'INSEE les classes moyennes se sentent rattrapées par le haut et surtout le bas. Dans ce cadre le déclassement se définit comme une perte de statut, une déchéance sociale due à la perte d'un emploi, à un parcours scolaire raté, etc... La peur du déclassement c'est aussi la peur de l'avenir dans une société comme la société française où les statuts sont importants, la chutte est souvent irréversible. La durée du chômage en France est une des plus longues du monde cela fait peur y compris chez ceux qui sont protégés pour l'instant. Plus les statuts sont protecteurs, plus les perdre va procéder à un basculement de sa vie. La vie actuelle accentue ce processus. Un aspect positif : les diplômes, contrairement aux idées reçues, constituent une protection contre les déclassements. Pour désamorcer ce processus de peur il faut réduire les inégalitées dans les différentes classes de travail, pas dans le sens d'une diminution des protections mais au contraire grâce à un changement de mentalité, des mesures de sécurisation de l'emploi et des parcours scolaires par exemple (formation tout au long de la vie...). P.M.
No smoking. Will Self
Tom Brodzinski en vacances en famille sur une île lointaine décide sur un coup de tête d'arrêter de fumer. Il jette avec satisfaction son dernier mégot par le balcon de sa résidence hotelière. Manque de bol celui-ci tombe sur le crâne dégarni du voisin du dessous... C'est le début des ennuis pour Tom et sa famille, qui vont se retrouver dans une spirale ethnico/judiciaire loufoque et terrifiante. Kafka n'est pas loin ! C'est enlevé, ironique, écrit dans un style impeccable (invention lexicale). Pour les amateurs d'humour et de non sens. Roman post-colonial, qui en creux est une critique radicale du modèle social anglo-saxon. P.M.
Dans les limbes. Jack O' Connell
L'auteur, encensé par James Ellroy, est une voix tout à fait singulière dans l'univers du thriller américain, à mi-chemin entre le polar et le fantastique. Sweeney pharmacien, dont la femme s'est suicidée, vit seul avec son fils Danny plongé dans le coma suite à un accident. Pour essayer de le guérir il accepte un poste dans la clinique du Dr Peck un neurologue aux méthodes révolutionnaires.
L'openspace m'a tuer. A. Des Isnards et T. Zuber
Livre d'actualité sur un phénomène contemporain inquiétant : la "démission" au propre et au figuré des jeunes cadres français. Ce texte désespérément drôle a été écrit par deux jeunes consultants qui ont reccueilli le témoignage de nombreux collègues. Aujourd'hui l'entreprise consomme et digère de plus en plus de jeunes diplômés qui ne font plus carrière dans leur organisation. Le cynisme et la violence des rapports sociaux règnent en maître : les jeunes bien payés, certes, mais corvéables à merci sont interchangeables et soumis à une pression sans précédent, symbolisé par l'organisation en "open space", lieu ouvert et soi-disant démocratique, espace de contrôle et de suspicion avant tout. Les jeunes loups font acte de candidature avec CV et lettre de motivation pour être virés, le monde à l'envers. Récit truffé d'anecdotes et de scènes vécues, les auteurs nous convient à un voyage sur une autre planète avec ses codes, son langage, ses aberrations. Vive le nouveau management ! P.M.
L'intranquille.G.Garouste
Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou... . L'enfance d'abord et la violence d'un père névrosé et antisémite. La folie comme échappatoire à la difficulté de vivre, le délire pour fuir le carcan familial délété. La peinture enfin comme exutoire et comme salut, (pour échapper à un destin de boutiquier mesquin qu'il exerce). Garouste est un peintre internationalement coté, il a été le protégé du grand marchand d'art Léo Castelli. Avant ça lui qui ne savait que dessiner (à l'école tout lui passait par dessus la tête) va faire dans les années soixante-dix la connaissance de Fabrice Emaer, l'inventeur du fameux Palace (haut lieu de la nuit Parisienne) et travaille sur des décors... Il raconte sa façon de concevoir la peinture, et notamment l'importance du dessin pour lui. Il nous dit comment il s'est "rangé" des avant-gardes pour suivre son propre chemin. Il répond par la même à la question : pourquoi continuer à peindre aujourd'hui après Picasso ou Duchamps tout en se livrant à une analyse du marché de l'art. Il a épousé une femme juive et il décrit comment sa connaissance de textes comme la Torah l'a bouleversé au point d'influencer en profondeur sa vie et sa peinture. Autoportrait bouleversant d'un rescapé qui dans sa soixantaine n'est certes pas guéri, mais a trouvé une forme d'apaisement... Il se dit enfin prêt aujourd'hui à transmettre.
Le paradoxe amoureux. P.Bruckner
Un essai intéressant sur une problématique vieille de plusieurs siècles. L'homme moderne peut choisir d'aimer qui il veut, de vivre avec qui il désire. Cependant les souffrances liées à ce sentiment n'ont jamais cessées et on ne s'est jamais autant séparé qu'aujourd'hui. Le bonheur dans notre société occidentale aujourd'hui est plus que jamais lié à la quête d'un amour sincère et partagé. Or celui-ci est fluctuant, il échappe aux calculs et à la rationnalité. L'amour reste cette part d'impondérable et d'aventure dans la vie de chacun. C'est certainement ce qui en fait son charme en même-temps qu'il nous ravage. La volonté individuelle a supplanté l'intérêt du groupe et l'institution conjugale (mariage) s'en trouve fragilisée.Une intéressante partie historique pour comprendre l'évolution du phénomène.
Commentaires
"Meurtres en Acadie", Kathy
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