
La première séance a été très fructueuse, voici en guise de mise en bouche le texte d'Hélène sur le thème des "petits bonheurs".
"Quelle heure est-il ?
9 heures ! Encore 5 minutes et je me lève. Déjà 10 heures ? J'exagère mais je suis si bien dans mon lit, vraiment au fond, roulée en boule dans la couette. Pas envie d'en sortir, envie de prolonger ce moment quotidien et exceptionnel. Quelle bonne idée j'ai eu de quitter la vaste chambre où je dormais ! Pièce qui servait un peu de tout : bureau - l'ordinateur somnole dans un coin - bibliothèque parfaitement désordonnée, où la stabilité de chaque livre dépend de celle de ses voisins. Salle de musique, avec empilement de partitions sous le clavier. Rangements, trois portes géantes avalent goûlument mes vêtements sans toujours parvenir à les dissimuler.
Depuis que j'ai installé mon lit dans la "cabine", terme qui désigne comme sur un bateau une pièce de dimensions très modestes mais sans hublot, je dors bien, je dors sans réserve, je me donne à corps perdu dans le sommeil. Juste un lit, un chevet, une petite armoire, teintes pastel. Rien qui dérange le regard, rien qui perturbe le repos. Se coucher est un vrai plaisir. Je bouquine une heure, deux heures, ou plus... Et je m'immerge dans la tiédeur des draps. Dehors le froid, l'hiver. Dedans, dans mon terrier, j' hiberne (j'ai toujours pensé que mon ADN comportait un gène commun avec les "marmottes"). Quelque fois la nuit je me réveille. L'insomnie est agréable j'essaie de me pénétrer de la douceur inconsciente que je vivais il y a quelques instants. Je tourne longuement dans le lit pour m'en imprégner jusqu'aux os, et je me rendors. Le réveil sonne. Surprise. Ca ne lui arrive plus que ponctuellement depuis quelques mois. Ce matin pas de grasse matinée. L'atelier d'écriture m'attend. Debout ! Mais demain matin, demain ... Je pourrai prolonger un peu plus ce moment délicieux où après avoir ouvert les yeux, je me dis : encore 5 minutes... et je me lève ! "