Loin de tout folklore, Anne-Marie Brisebarre décrit l'étendue des compétences que réunit le métier de berger, alors que s'éteint en 2000 une génération de grands transhumants, et met l'accent sur le rapport étroit entre l'homme et son troupeau. Activité millénaire, l'auteur commence par retracer l'histoire de la transhumance, l'histoire économique et sociale des "drailles", "carraires", "camis ramaders". Métier de traditions, dont elle relève quelques riches détails, les sonnailles, les décorations, les colliers. Mais les bergers ont dû en permanence évoluer jusqu'à anticiper nos préoccupations écologiques les plus actuelles; les races ovines rustiques, la caussenarde des garrigues, la raïole ou la rouge du Roussillon, doivent leur survie à la résistance des éleveurs. Et le retour des grands prédateurs protégés, loup, lynx, ours, contre lesquels les bergers doivent se défendre, les place au coeur des conflits de la cohabitation pastorale. La dernière partie de l'ouvrage est consacrée aux transhumances des vaches (Aubrac, Alpes du Nord), chevaux et abeilles.
Un bel ouvrage, magnifiquement illustré, en hommage, on l'a deviné, aux maîtres bergers. (ED)
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