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Ce que je sais de Vera Candida

Savoir plus et réserver
 

Vera Candida ne peut pas rester dans l'île de Vatapuna où se sont brisées les vies de sa mère Violette, et de sa grand-mère, Rose Bustamente. Belles, indépendantes et téméraires sont les femmes de cette lignée, mais si vulnérables...A quatorze ans, Vera Candida fuit; elle porte en elle sa fille Monica Rose, marquée par le sceau de l'ignominie, le père, l'ogre, dont la demeure "d'une blancheur de Taj Mahal" surplombe la cabane au bord de l'eau de sa grand-mère. Elle part pour le continent, la ville métropole de Lahomeria, jeune-fille mère, sans ressources, avec pour seul sézame, l'adresse d'une vague cousine.. Les portes s'ouvrent pourtant pour Véra Candida, cuirassée de haine, ne comptant que sur elle-même, déterminée à protéger de tout l'enfant fleur, "l'enfant phare", Monica Rose.Mais elle a beau faire, Vera Candida ne parvient pas à rester tout à fait invisible; et, un jour, Itxaga, alias Billythekid, journaliste indépendant à l'âme de chevalier, la remarque. L'amour est une entorse au destin...Vera Candida est séduite pas "l'art de vivre" propre à "ces hommes élégants et solitaires qui tournicotent lentement dans leur salon au petit matin". L'amour, pour elle, est une conversion à la plénitude de la vie, à la douceur des choses. Mais suffira-t-il à la libérer des obsessions du passé et à l'attraction de Vatupana ?
Du conte, Véronique Ovaldé retient les articulations, les passages obligés du récit, les lieux imaginaires et symbolique d'une initiation, l'île, le continent, le Palais aux morues (le foyer des jeunes filles), l'entresol de la rue de l'Avenir; et de l'oralité, elle retient le naturel et la liberté du phrasé et des images. L'originalité de l'auteur se trouve dans ce contraste saisissant pour le lecteur. On retrouve, comme dans Déloger l'animal (Actes sud, 2005), la relation d'amour exclusif mère-fille, si bien décrite, une relation corps à corps, charnelle et animale, puis la découverte, tardive de l'amour, parce qu'il faut bien tâtonner et s'éloigner de l'image du père, mais un amour rayonnant, comme dans son avant-dernier roman Et mon coeur transparent (Actes sud, 2008). (ED)

Extrait : "L'odeur de Monica Rose faisait chavirer Vera Candida. Elle s'asseyait près de sa fille et plongeait le visage dans ses cheveux. Ils sentaient le sel et l'iode, le vent et quelque chose de plus souterrain et mammifère, comme la sueur d'un minuscule rongeur ou bien d'un petit loup. Monica Rose sentait la fourrure. Vera Candida se disait toujours, Comment ferai-je quand je serai une très vieille femme, que je n'y verrai plus, que je tenterai de me souvenir de cette odeur. Elle s'efforçait d'enregistrer comme sur des cylindres d'argile les sensations liées à sa fille : la main de la petite dans la sienne, la façon dont Monica Rose serrait son cou avec ses bras aussi fins que des roseaux, elle serrait serrait en y mettant toute sa minuscule force, et c'était inenvisageable de ne plus être deux un jour, c'était si injuste que cela paraissait impossible." (p. 207)

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