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Publié le : 3/08/2017

Mais qui était Gaston Baissette ?

Découvrez la vie et l’œuvre de cet homme aux multiples facettes, car Gaston Baissette était à la fois médecin, historien, romancier, poète, et intellectuel engagé dans la résistance !

Une exposition lui rend hommage du 12 au 30 septembre ainsi qu'une conférence animée par Gilles Gudin de Vallerin, auteur du catalogue de l’exposition sur G. Baissette  (Médiathèque E. Zola 2016-2017), conservateur général des bibliothèques, docteur en histoire, directeur des médiathèques de Montpellier Méditerranée Métropole, le samedi 23 septembre à 18 heures à la médiathèque de Mauguio.

 

 

Gaston Baissette, toute une histoire...

Né en 1901 à Albi de Marius Baissette, issu d'une famille de viticulteurs de Fabrègues et de Valérie Ribeyrolles, descendante d'une lignée de viticulteurs melgoriens, Gaston Baissette passe son enfance entre Fabrègues et Mauguio où il séjourne chez ses grands-parents pendant les vacances scolaires et Albi qui restera dans son coeur la ville des devoirs, du quotidien...  Il entamera des études secondaires à Albi et à Toulouse, où l'on découvre qu'il était un enfant indiscipliné. En 1915, Marius son père décède.

 

Gaston n'a pas trouvé sa voie... Il décide alors de franchir les portes de la faculté de médecine de  Toulouse, un cursus qui l'emmènera en 1925 à monter à Paris. Il y rencontrera les surréalistes, André Breton, Paul Eluard, Louis Aragon, des liens qui se renforceront lors de leur engagement dans la résistance... En 1928 et pendant de nombreuses années, il collabore activement à la revue "Les cahiers du Sud". En 1928, il est nommé interne à l'hôpital départemental de Nanterre.

 

1930, son doctorat en poche, il se spécialise en médecine sanitaire.. Il écrit alors un livre destiné au grand public, Hippocrate, publié chez Grasset dont il recevra les louanges de Paul Valéry et dont il dira plus tard "Hippocrate, c'est un vrai roman !". Le livre sera traduit en italien et en allemand. Devant ce succès, ses éditeurs lui demandent de continuer à écrire, ce qu'il refusera de faire, se consacrant principalement à la médecine.
Un extrait d'Hippocrate peut en révéler les contours "La nature guérit, le médecin soigne les maladies, le médecin est l'esclave, le serviteur, l'interprête de la nature. La médecine c'est l'art d'imiter les procédés curatifs de la nature. c'est l'art de soigner de la même façon que la nature fait de son propre mouvement". 

Gaston Baissette aura toujours cette vision de la médecine, une vision philosophique qu'il n'abandonnera jamais jusqu'à son dernier ouvrage paru en 1977 qui s'intitule "Aux confins de la médecine".

 

En 1933, Gaston Baissette se lie d'amitié avec Georges Politzer, il devient alors communiste. La guerre éclate, septembre 1939, il est mobilisé. En 1940, lors d'un bombardement il est gravement touché à la colonne vertébrale. Il reste plusieurs mois alité et ne reprend son travail qu'en 1941, à Nice comme médecine-directeur de la santé. Il accueille alors Elsa Triolet et Louis Aragon qui fuient Paris. Son ami Georges Politzer est fusillé le 30 mai 1942. Gaston Baissette rentre alors dans le groupe des médecins résistants de Lyon. La Gestapo l'attendant chez lui  il devient alors clandestin et se charge d'organiser les les soins aux maquisards dans les Alpes Martimes.

1943, il revient sur Paris, il est nommé chef d'un des quatre secteurs hospitaliers et délégué du comité médical de la Résistance pour la Seine et Oise. Il crée avec son ami et docteur Lucien Bonafé, le front national des médecins. En parallèle, il participe à de nombreuses revues dont "L'éternelle" créée dans la clandestinité par Paul Eluard. En 1944, suite à son engagement dans la résistance pendant la guerre, il est nommé au cabinet du ministre de la santé publique et deux ans après, il occupe les fonctions de médecin-chef du service d'hygiène sociale du département de la Seine.
Il devient le rédacteur en chef de la revue Medecin Français jusqu'en 1952.

 

Paraît, en 1945 chez Grasset, La clé des sources, un roman utopique dédié à son ami fusillé pendant la guerre, Georges Politzer. L'année suivante L'étang de l'or est publié dans la revue "Europe" créee en 1923, revue à laquelle il participera sous l'écriture de nouvelles. En 1950, il publie Les merveilles de la médecine un ouvrage médical destiné au grand public et fonde la revue B.C.G. Il écrit des articles pour d'autres revues comme Ce soir. Gaston Baissette se lie d'amitié avec André Fraigneau et Margueritte Yourcenar.
En 1952, ils écriront un triptyque sur les mythes grecs  pour la revue marseillaise Cahiers du sud.

Gaston Baissette meurt à Quissac dans le Gard en 1977.

 

Mais qui était Gaston Baissette ?

Gaston Baissette a eu un parcours riche, il a cotoyé beaucoup de personnalités mais aussi des anonymes qui ont su apprécier les différentes facettes de ce personnage.

Madeleine Attal, une proche amie, Directrice de Radio-France Hérault et des programmes de France 3 région, raconte l'attachement de Gaston pour la ville de Montaud mais aussi pour les cabanes de Mauguio. "La cabane de Mauguio était plantée le long du canal de l'étang de l'or. On y rencontrait souvent Marius Olive, visage jovial, sculpté par le soleil. Marius Olive, un des derniers cabaniers a savoir encore contempler. La conversation tournait autour de l'étang, de sa faune et de sa flore".

Quand Bernard Clavel, Prix Goncourt pour son roman Les fruits de l'hiver en 1968, et son ami, parlait de lui, il disait : " Parmi les humains, il y a des poètes, des médecins,des fous et des sages. Il y a fatalement chez Gaston Baissette au moins un petit grain de folie, sinon, il ne serait pas écrivain. Mais il y a surtout un médecin atteint par la sagesse, ce qui n'est pas courant".

Max Chaleil, éditeur et amoureux du patrimoine languedocien, ayant travaillé chez Stock et Belfond a repris la publication de l'oeuvre de Gaston Baissette délaissée par le grand public. Il a également édité Max Rouquette et Joseph Delteil. A propos de Gaston Baissette, il disait alors "Poète, mais aussi observateur attentif des simples et des hommes, des objets usuels, de la barque au filet, de l'espadrille à la serpette, Gaston Baissette sait conjuguer l'indispensable et l'inutile, l'apparemment dérisoire et le quotidien. Mais que l'on regarde à deux fois dans la suite de ses livres et on lira entre les lignes, le prix, le poids des choses qui fondent l'homme et son inscription dans le durable".

L'étang de l'or, l'or de Gaston...

D’une surface de 2500 hectares, l’étang de l’Or et les marais qui l’entourent,  constituent une zone humide abritant une faune et une flore particulières. A ce titre, il a été reconnu dès 1983 comme site naturel classé intégré aujourd’hui au réseau Européen Natura 2000.

La gestion du site est confiée au Syndicat Mixte du Bassin de l'Or (SYMBO) qui regroupe 13 communes riveraines de l’étang. Les premières traces humaines remontent à 3000 av. J.-C. quand les pêcheurs édifiaient des huttes sur l’étang , construites sur pilotis (les terramares). En 1758, sous l’obligeance de Louis XV, les moines cèdent leurs marécages aux paysans qui les mettront en culture. En 1963, le littoral est aménagé en vue de développer le tourisme. La chasse aux moustiques commence…Le troisième millénaire annonce pour l’étang de l’Or, qui au fil du temps a été aménagé, assaini et cultivé, une préservation des espaces naturels avec la protection de la faune et de la flore.

 

"Cepedant les cabaniers me traitaient avec une déférence trop appuyée pour n'être pas narquoise. Je n'étais pas des leurs. Cabrel, cuivré et éffilé comme un nuage, dit tout à coup :" On pourrait la vie à cet étang". Le geste en suspens, la bouche entrouverte, les cabaniers attendaient. " Parfaitement, et c'est simple, et vous serez tous couillons, quand vous saurez comment. Voilà : il n'y a qu'à détourner Vidourle et le faire déboucher dans l'étang". Alors ce fut un immense éclat de rire, les cabaniers pliés en deux, dans toutes les manifestations de la douleur que provoque le rire. Seul, je ne bougeais pas n'ayant rien compris...".

Extrait de l'étang de l'or.

 

L’Étang de l’Or, Grasset, 1945, Prix international de la Guilde du Livre 1945,   réédité en 1980 aux Presses du Languedoc.

Cote : R BAI

 

 

 

Le corps vu par le poète...

 

Le Corps

Ce corps m'est advenu
Quand je naissais moi-même
Dans les doigts d'un printemps
Le premier de ce siècle

Il ne me quitte pas
Et pense qu'il est mien
Je me tais près de lui
Et lui donne toute ma vie
minute par minute
Pour l'écouter mourir
Sans jamais le distraire

En savoir plus...

https://www.herodote.net/19_juin_1907-evenement-19070619.php
La révolte des vignerons
Le site Herodote.net est une encyclopédie dédiée à l'Histoire universelle, avec plus de 15000 articles qui font référence.
http://www.herault.fr/files/gcausse/guide-viticulture.pdf
La viticulture héraultaise
La viticulture dans l’Hérault.
http://www.lacabanetrempee.com/
La cabane trempée
"La Cabane Trempée", comme son nom ne l'indique pas, est une association d'artistes, ou un groupe d'amis artistes qui organise ( Au mois de MAI, et ceci depuis 1994 ) des expositions d'art contemporain, dans une ancienne cabane de pêcheur, au bord de l'étang de l'Or, aux cabanes du Salaison, à Mauguio
http://www.conservatoire-du-littoral.fr/siteLittoral/93/28-etang-de-l-or-34-herault.htm
Conservatoire du littoral
Le Conservatoire du littoral est un établissement public administratif de l’Etat placé sous la tutelle du ministre chargé de la protection de la nature.
https://www.franceinter.fr/emissions/il-existe-un-endroit/il-existe-un-endroit-27-avril-2014
Emission France Inter : il existe un endroit : l'étang de l'or
Une émission de Radio pour déambuler le long de l'étang de l'or, vous y découvrirez la faune et la flore qui bordent l'étang.
http://www.etang-de-l-or.com/
Symbo : Syndicat Mixte du bassin de l'or
Le Symbo a pour objectif de répondre aux grands enjeux qualitatifs et quantitatifs de gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques sur le bassin versant de l’étang de l’Or et de contribuer, par la mise en œuvre d’actions concertées, au développement durable de ce territoire.

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